| Carnet de Zénon
De paradoxes en apophtegmes |
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| Publié le samedi 10 mai 2003A mes frères et soeurs en Tradition " La métaphysique et la religion, la cosmologie et les sciences traditionnelles centrées sur l'esprit, l'âme et le corps de l'homme, lui faisaient traiter << par en haut >> toutes les questions essentielles et vitales, à l'opposé des sciences et des pseudo-philosophies, des psychologies et des idéologies profanes de nos jours, qui essaient en vain, de maintes façons, hypothétiques et expérimentales, de résoudre ses problèmes, bien plus existentiels que spirituels, << par en bas >>. Quoi qu'il en soit, ce qui reste de ce brassage chaotique des sciences et des idées est éminemment le matérialisme aussi piètre que redoutable de nos contemporains, en premier lieu celui des Occidentaux qui, eux, l'implantent également dans l'Orient traditionnel; en sens inverse, il y a la nouvelle vague du pseudo-spiritualisme oriental, à laquelle nous avons fait allusion en rapport avec certains scientistes modernes qui, en effet, ne représentent pas simplement des cas isolés et sans importance. Ils s'intègrent à leur façon dans ce courant s'amplifiant d'Occidentaux, qui cherchent à échapper aussi bien à la stérilité intérieure du matérialisme qu'au vide spirituel laissé par la tradition religieuse de l'Occident. Ne pouvant entrer ici dans les multiples aspects de la dégradation de cette dernière, remarquons simplement qu'elle a sacrifié de plus en plus - et finalement au seul profit de préoccupations sociales - l'enseignement de ses vérités essentielles et de ses méthodes spirituelles, - vérités et méthodes ayant la même portée infinie que celle des autres traditions. Ceux qui fuient intérieurement cet Occident spirituellement et matériellement malade cherchent donc refuge, dans nombre de cas, auprès des traditions asiatiques, dont ils ont fait la connaissance, non seulement par l'orientalisme littéraire, mais souvent aussi, soit par des maîtres authentiques en Asie même ou se trouvant en diaspora, - soit plus fréquemment encore par des pseudo-gurus prosélytes, vendant des vérités plus ou moins déformées comme de la marchandise, à une clientèle dépourvue en majorité de tout critère spirituel valable. Ils proposent à celle-ci, ou un syncrétisme entre sa religion ancestrale et leur propre tradition, ou la conversion pure et simple à cette dernière. Dans le meilleur des cas, plutôt rare, et qui se rencontre en principe auprès de maîtres authentiques, il y a conversion en pleine connaissance de cause et en bonne et due forme ; mais plus souvent, il y a rattachement fantaisiste à la tradition d'un de ces faux guides étrangers, en sorte que l'aspirant risque de perdre tout accès au salut réel de son âme. Même quand il s'agit d'un rattachement par un vrai maître, il se peut que ce dernier - tout à fait efficace vis-à-vis de ses disciples autochtones et pénétrés dès leur enfance de leur tradition commune,- ne tienne pas suffisamment compte de la mentalité ou psychologie des néophytes occidentaux, enracinés, fût-ce à leur insu, dans le monothéisme sémitique et plongés subitement dans une tradition d'une tout autre approche de l'Absolu ; sans parler de leur prédisposition ou capacité spirituelle effective qui, fort souvent, est bien inférieure à celle des Orientaux, longtemps restés à l'écart de l'influence anti-spirituelle de l'Occident. " Léo Schaya, La création en Dieu, Dervy-livres, Paris 1983, 564 p. Extrait p. 13 et 14 . Par zénon • 2003-05-10 22:48:02 Permalien | • Tradition 1 Commentaire : Commentaire écrit le lundi 12 mai 2003 à 11:56:04 (lien) jerome - hum-hum.monblogue.com La métaphysique et la religion, la cosmologie et les sciences traditionnelles centrées sur l'esprit, l'âme et le corps de l'homme. Et je rajouterai la philosophie.. Snif snif, c'était le bon temps. Ajouter un commentaire " L'oral et l'écrit " Dans La Presse ( 8 mai 2003 ) Pierre Foglia répond à la question d'une prof. de français qui se demande quoi répondre à la question d'un adolescent: à quoi ça sert d'écrire sans fautes ? Voici quelques extraits de la réponse du chroniqueur : " Tu me demandes à quoi servent la conjugaison et l'orthographe ? Et au-delà, à quoi servent les règles ? S'il ne s'agissait que de se faire entendre, la langue parlée suffirait, c'est vrai. Pour un certain temps du moins. Si tu me permets une image, la langue parlée est l'instrument, on placote, on chante, on déconne, on rit, on pleure, ont fait des bruits, des gargouillis avec, tandis que la langue écrite est la partition, la référence, la valeur-or du langage, le modèle ultime. Tu peux bien t'amuser, si tu veux, à écrire comme tu parles, mais le modèle ne peut pas être oral. Un modèle n'est jamais la pratique elle-même, la force du modèle est d'être déposé dans des livres qu'on appelle des dictionnaires, en as-tu déjà vu ? On s'effare de l'abyssale vacuité des propos que s'échangent les ados dans leurs clavardages-marathons, mais que voulez-vous qu'ils se disent dans la langue infime des chats ? Forcément des choses infimes. A force de ne plus savoir écrire, un peuple désapprend à parler. On ne sait plus le nom des choses, ni des concepts, c'est comme, c'est genre, c'est comme la chose qu'on n'est pas capable de nommer. Écoutez en ce moment le Québec chantonner ça LA changé, ça LA à voir avec, ça LA donné que, d'où sortent ces LALALA ? Si les gens savaient écrire, s'ils référaient au modèle, ils ne feraient pas LALALA comme une bande de demeurés. À force de ne plus savoir écrire, on ne sait plus penser. C'est que la règle ne détermine pas seulement le féminin, le pluriel, le commun, le particulier, l'exception, l'action en train de se dérouler, l'action terminée,elle introduit aussi le doute, la médiation, l'histoire, l'opposition, l'idée. La règle n'est pas la camisole de force qui empêche d'écrire, débarassons-nous-en et on écrira plus librement. La règle est la méthode de penser. Quand tu me demandes, jeune homme, à quoi ça sert d'écrire sans fautes, j'ai envie de te demander pourquoi t'habilles-tu, pourquoi te nourris-tu ? Si tu t'habilles seulement pour te couvrir, alors porte toujours le même couvre-tout gris et n'en parlons plus. Si tu manges pour remplir ton ventre, avale toujours la même bouillie et dis à ta mère de ne plus cuisiner. La langue écrite est aussi affaire d'élégance, de nuances, de goût, de respiration, de vie, je te l'ai dit, les règles servent à vivre. Affaire de poésie aussi, bien sûr. La poésie qui apparaît souvent comme la transgression de la règle. Mais justement, pour la transgresser, il faut la connaître." ----------------------- Si je me suis donné la peine de retranscrire ce texte, c'est bien sûr, que je suis d'accord avec la substance de son message. Carnetiers, carnetières de la francophonie, si le chapeau vous fait, mettez-le ! PS: Il ne s'agit pas d'écrire des textes sans aucune faute ou maladresse, ou coquille, cela est quasi impossible. La preuve : il y a une faute - ou coquille - dans le texte de Pierre Foglia. Je ne l'ai pas corrigée... La trouverez-vous ?
Par zénon • 2003-05-10 09:55:26 Permalien | • Hors-sphère 6 Commentaires : Commentaire écrit le samedi 24 mai 2003 à 08:04:07 (lien) Euler - http://www.gilles-jobin.org/citations Intéressant, évidemment. Cependant, la raison la plus forte est, à mon humble avis, celle du respect du «temps des autres». En effet, la vie est courte, si courte... Si on essaie de lire un texte bourré de fautes, on s'arrête constamment. Évidemment, on finit pour comprendre MAIS il y a là une perte terrible de temps. Si l'on sent que l'auteur n'a pas pris le temps de corriger ses erreurs, pourquoi le prendrais-je à le lire? Conversation avec un élève à l'époque où j'étais enseignant de mathématique à l'éducation des adultes : - J'écris des poèmes ! - Wow. J'aimerais bien que tu me les fasses lire un jour. Le lendemain, les yeux brillants, l'élève m'apporte son oeuvre. Et, le surlendemain. -Pis, comment t'as trouvé ça? -... -C'est pas bon? -Peut-être que c'est bon. Mais j'ai malheureusement pas le temps de te lire, car chaque phrase me demande un trop grand effort. Je dois m'arrêter quasiment à chaque mot... -Voyons,c'est pourtant facile à lire. Et il se met à lire (difficilement, car il ne comprenait plus sa propre orthographe) quelques lignes. - Oui, oui, tu as de bonnes idées ! Mais c'est écrit au son. Bien sûr j'arrive à décortiquer. Mais mon temps est compté sur cette terre, et je vais d'abord lire les auteurs qui prennent le temps de penser à bien écrire. Fais ton effort de correction (attention! je ne demande pas la perfection...) et je prendrai, sans doute comme plusieurs autres, plaisir à te lire. Un auteur se doit de respecter ses potentiels lecteurs sinon, pourquoi écrire? Commentaire écrit le jeudi 15 mai 2003 à 20:45:30 (lien) Robert Grégoire - http://radio.weblogs.com/0114226/ Merci mille fois, je n'avais pas lu ce texte; par contre je m'y retrouve entièrement! J'avais manqué le "ont", avalant les lignes avec bonheur mais, pendant que ma blonde, que j'avais hélé avec enthousiasme qu'elle vienne prendre connaissance du bijou, lisait par-dessus mon épaule, j'ai constaté l'invitation en dernière ligne de rapporter les fautes dans le texte... Bien sûr que celle-là m'a sautée aux yeux et que je l'ai passée sur le compte du travail de transcription. "Débarrasser" prend bien sûr deux "r". Merci pour la perle! Commentaire écrit le jeudi 15 mai 2003 à 19:42:07 (lien) Capucine "on rit, on pleure, ont fait des bruits, des gargouillis" En fait, on devrait écrire: "on rit, on pleure, ON fait des bruits, des gargouillis"... Ce n'est pas une grosse erreur mais... J'espère qu'il n'y en a pas d'autres ;-) Bravo, très beau texte...! Commentaire écrit le lundi 12 mai 2003 à 12:00:59 (lien) jerome - hum-hum.monblogue.com Bien dit monsieur Foglia. Commentaire écrit le dimanche 11 mai 2003 à 09:09:38 (lien) Le caméléon - cybermike.monblogue.com Très intéressant ce texte de Foglia. Ça me donne des arguments utiles et ça me confirme l'importance de savoir écrire. Commentaire écrit le samedi 10 mai 2003 à 21:04:40 (lien) Oups Un mot mal orthographié qu'on ne retrouve pas dans un dictionnaire peut nous jeter dans l'embarras. Ajouter un commentaire |
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